Les Illustres – note d’intention

Les Illustres

Ce sont des chaises. J’en assume toutes leurs dimensions : étymologiques (cathedra), symboliques, religieuses… mais aussi leur parfaite trivialité (la chaise sert à poser un fondement).
Trouvées dans la rue ou données par des amis, je ne les choisis pas. Je prends tout, les détruis et les reconstruis différemment.
Chacune est totalement liée à une figure unique et absente. Personne d’autre ne l’a jamais occupée, personne ne l’occupera plus.

Les Illustres sont nombreux (30, à ce jour). Je n’en fais pas partie. Aucun d’entre vous n’en fait partie. L’illustre est toujours un autre, souvent mort, en tout cas figé dans une parole de pouvoir. Certains portent les noms de mes grands anciens : Louise Bourgeois, Marisa Merz, Joseph Beuys… la plupart ne sont pas nommés, d’autres sont sans doute innommables.

J’associe les membres de cet aréopage en propositions d’installation (Le jugement, l’exil, l’annonce, le complot, l’enfance…), l’ensemble de ces tableaux composant une forme de saga non linéaire dont chacun peut imaginer les épisodes manquants.
Ils font aussi l’objet de 150 dessins en petit format, exposés sur 30 mètres linéaires, comme un texte logographique, le texte fondateur de la congrégation.